À la fin des années 80, la métropole de Tokyo, au Japon, est secouée par un
boom sexuel. Depuis, les fantasmes les plus bizarres deviennent réalisables,
pour peu qu’on y mette le prix. Folie, démesure, délire collectif : bienvenue à
Sexland …..
Au Japon, le commerce du sexe génère environ 20 milliards de dollars par
année, soit l’équivalent du budget alloué à la défense nationale.
Si les américains ont leur Big Apple avec New-York, les japonais, eux, ont leur
Pink Apple avec Tokyo – le terme ‘’Pink’’ faisant référence au mot ‘’sexe’’.
Dans cette mégapole, les commerces liés au fuzodu (industrie du sexe)
pullulent et attirent tous les regards. Par exemple, sur le territoire du quartier
chaud de Shinjuku, d’une superficie de 18,23 kilomètres carrés, il y a environ 5
000 établissements de ce genre. Cette industrie lucrative est l’une des plus développées du monde. À lui seul, le commerce du sexe génère environ 20 milliards de dollars par
année, soit l’équivalent du budget alloué à la défense nationale. Les yakusas
(membres de la mafia), qui en détiennent le monopole, usent de ruses et de
subterfuges pour contourner la loi interdisant toute prostitution. Cette loi,
adoptée en 1958, stipule que le honban (rapport sexuel avec pénétration
vaginale) rémunéré est illégal. Mais elle est tellement élémentaire qu’elle
laisse le champ libre aux businessmen dans scrupule. Le honban est devenu, comme les mafieux se plaisent aujourd’hui à le dire, le himitsu play (jeu secret). De la geisha pure et vierge, on est passé à la démesure sexuelle, encouragée par une législation minimaliste. On assiste maintenant au phénomène du enjoy kosaï, également appelé compensation
dating, soit une ‘’relation d’aide’’ entre le client et la geisha des temps modernes.
DU RIZ ET DES JEUX
Les Japonais ont une vision très ludique de l’érotisme. Du banal homme marié
insatisfait au puceau en manque de sexe, en passant par le futzuu (pervers) et
l’otaku (obsédé sexuel), qui trippent sur les jeunes filles ou les héroïnes de
manga lolicon tous trouvent leur compte à Sexland, où tous les plaisirs sont
possibles. Ainsi, il existe de nombreux endroits spécialement conçus pour satisfaire les libidos les plus insatiables. Généralement, situés près d’une bouche de métro, les love hotels sont faciles à repérer, car ils ont une enseigne lumineuse et un nom inusité. On y trouve
de tout, et il y en a pour tous les goûts et tous les vices. Par exemple, ces
établissements proposent des chambres à thème : salle d’opération, wagon
de métro, chambre froide, salle ‘’d’enlèvement extraterrestre’’, temple
romain, salle de classe, pièce avec cascade en montagne, chambre à
l’’’effigie’’ de Hello Kitty, à l’ameublement démesurément grand ou avec un lit circulaire au centre d’un carrousel en fonction, etc.
LE MENU, SVP !
L’accès aux chambres se fait dans l’anonymat le plus total ; le client est assuré
de ne croiser personne dans les corridors. Un réceptionniste, cachée derrière
une vitre teintée, lui glisse la clé dans une fente pratiquée à même la façade de
l’hôtel. Le choix de la chambre s’effectue à partir d’un ‘’menu’’ affichée au
mur du hall d’entrée, en pressant simplement sur un bouton placé sous la
photo représentant le lieu rêvé. Par la suite, le client n’a qu’à payer au guichet
automatique. Enfin, un ascenseur l’amène tout droit à la pièce qu’il a choisie ;
c’est un aller-retour pour le septième ciel, du moins, on le lui souhaite.
SPLISH SPLASH TOUT EN PRENANT MON BAIN !
Datant de 1657, le sopu rando ou soapland, est le plus ancien divertissement
sexuel pour adultes au Japon. Il se pratique dans une chambre dotée d’un
matelas pneumatique et d’une baignoire remplie d’une gelée verte, dans
laquelle le client fera trempette avec une ou plusieurs nymphettes, après avoir
reçu un massage érotique. Monsieur peut même ‘’jouir’’ d’un lavage corporel
fait avec une brosse formée exclusivement de poils pubiens. Le prix pour ce
divertissement considéré comme haut de gamme varie de 60$ à 970$, selon
les services reçus et le prestige de l’hôtel.
UN BUFFET ALL YOU CAN EAT
Dans certaines stations thermales situées au Nord-Est de Kyoto, on offre aux
hommes d’affaires très fortunés non seulement le service aux tables, mais bien
la table comme service. On y pratique une vieille coutume, le nyotaimori
(textuellement : corps décoré d’une femme), qui consiste à prendre un repas,
composé de sushis et d’algues, servi sur le corps d’une femme vierge. Pour la
rondelette somme de 2 000$, ces messieurs n’ont qu’à choisir le ‘’profil’’ du
menu qu’ils préfèrent : version ‘’fesses’’ ou version ‘’pubis’’. Autre petit plaisir
pouvant accompagner ce très sérieux repas d’affaires : le wakame zake, qui
consiste à boire du saké entre les cuisses de la femme. Cette pratique est
toutefois plus répandue dans les clubs de striptease.
DRAG-QUEENS, MANGAS ET AUTRES PERVERSIONS
Le fétichisme collectif est un phénomène qui est observé presque
exclusivement au Japon. Le kigurami, ou cosplay, est une pratique qui consiste
à se travestir en héroïnes de manga hyper sexy. Pour les adeptes de ce ‘’jeu’’,
ces personnages fictifs représentent la femme idéale. Un très grand nombre
de Japonais, hommes et femmes confondus, troquent à l’occasion leur
personnalité contre une identité imaginaire, le temps de décrocher. D’ailleurs,
il existe des imekura (club d’images à fantasmes) ou des yukitamos (filles
costumées) se prêtent à des jeux de rôles. Selon les fantasmes des messieurs,
elles se métamorphosent en infirmières, en professeures, en écolières, en hôtesses de l’air, en secrétaires, etc. Dans certains clubs, pour le plus grand plaisir des adeptes de panchira (l’art de
montrer sa petite culotte à tout le monde), de jolies Japonaises en minijupe
prennent un ascenseur dont le sol est vitré. Parfois, on y trouve aussi une salle
de classe bondée d’écolières en minijupe (120$ pour 40 minutes). Bien sûr,
pour dissimuler leurs penchants, les Japonais peuvent faire appel à des
agences qui offrent un service d’alibis professionnels, allant des certificats de
formation factices à de faux chèques de paie …
FORMAT CLUB
Un onani fuzoku est un club où le client paye 80$ pour avoir le privilège
d’atteindre le iku (orgasme) en se tripotant lui-même le chinko, chinpo ou chin
chin (pénis) devant les femmes, qui sont payées pour le regarder faire pendant 30 minutes.
Un oppai momi momi est un club où on peut faire du léchage de seins.
Au club Gofish Mermaid Hostess, les clients peuvent boire et manger tout en
regardant de jolies sirènes étrangères nager avec grâce dans un bassin entièrement vitré. L’entrée est de 200$. Un momi pabu est un club du genre ‘’mains libres’’ où on éteint les lumières pour que les clients aux mains baladeuses puissent passer d’une paire de seins
à une autre, et ce, dans la plus grande discrétion. Il en coûte 80$ pour une heure de tripotage.
Le club Mammouth fait la joie des haizumo pochari (adeptes de grosses
poitrines), car il leur permet de s’en mettre plein la vue.
Les burusera shoppu (boutiques érotiques) sont équipées de machines
distributrices où les clients peuvent acheter des petites culottes souillées
d’urine, ainsi que des costumes et des photos d’écolières.
LA PUB, CETTE MAMELLE DU SEXE
Évidemment, il faut investir dans la publicité si on veut que les affaires
prospèrent, ce que les yakusas ont bien compris. Voilà pourquoi ils font
parvenir aux citoyens de petits dépliants roses très explicites (photos et infos
résumant les services offerts d’un côté et fiche de recrutement de l’autre) qui
remplissent les boîtes aux lettres deux ou trois fois par semaine. Il y a
également des bottins de services qu’on peut se procurer dans les stations de
métro et des catalogues de ‘’rendez-vous’’ en vente dans les kiosques à journaux.
Si, pour les Américains, ‘’The sky is the limit’’ pour les Japonais, il semble bien
que même le septième ciel ne soit pas suffisant …
LIVRAISON À DOMICILE
Pour les timides qui préfèrent la discrétion, le deri heru (delivery health ou
livraison santé) est tout indiqué. Ce genre de service est plus connu ici sous le
nom d’agence d’’’escortes’’ ou de call-girls.
Jennie Hewitt
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