De tous les crimes commis dans la population, sans contredit, ce sont ceux ayant comme
victime un enfant qui suscitent le plus de sentiments chez les gens.
Lors de disparitions d’enfants, lorsque les autorités policières craignent pour leur sécurité,
sachant que les premières heures sont cruciales dans ce type de situation, elles alertent la
population par le biais des médias en déclenchant une Alert Amber. L’Alert Amber vise à
diffuser largement et rapidement l’information (description de la victime, du ravisseur et du
moyen de transport utilisé…), suscitant ainsi une mobilisation populaire dans le but commun
et collectif de retrouver les enfants disparus.
Le Québec a implanté l’Alerte AMBER sur son territoire le 26 mai 2003. (1) La disparition d’enfants fait souvent l’objet de manchettes dans les médias, mais ces crimes sont, dans les faits, assez rares. Plus rares encore sont les enlèvements d’enfants suivis d’un assassinat. Certaines années, les enlèvements effectués par les parents représentent plus de 90% du total des enlèvements, contrevenant généralement à une ordonnance de garde. Les enlèvements par un étranger touchent surtout les adolescentes. Ces crimes sont souvent liés à des agressions sexuelles, à la pornographie, à la prostitution et parfois à l’homicide. Quelques statistiques : Il semblerait que 147 enfants au Canada auraient été enlevés et assassinés en 40 ans (entre 1970 et 2010), dont 130 étaient des filles, dont 43% étaient âgées de 14 à 16 ans. Par ailleurs, 77% de ces enlèvements étaient liés à un motif sexuel et 70% des victimes avaient été tués dans les 3 heures suivant l’enlèvement. Tant qu’aux ravisseurs, 92% étaient de sexe masculin, 69% âgés de moins de 30 ans et 55% détenaient déjà un casier judiciaire. (2)
Entre 1983 et 1992, le taux d’enlèvements d’enfants avait augmenté de 65%. De 1992 à 1996
ce taux avait diminué de 23%.
En 1996, la GRC avait recensé 56,000 disparitions d’enfants de moins de 18 ans (72% âgés de
moins de 14 ans), dont 78% étaient liées à une fugue et moins de 1% à un enlèvement.
Sur un total de 1000 enlèvements ou tentatives d’enlèvements d’enfants, le 2/3 était lié à des rapts parentaux. En 1996, la GRC constatait que les filles étaient plus souvent victimes d’enlèvement (58%), surtout par une autre personne que leurs parents et que les ravisseurs accusés étaient à 60% de sexe masculin.
Entre 1992 et 1996, au Québec, on dénotait un taux, par 100,000 enfants âgés de moins de 16
ans, un taux de 9.0% d’enlèvements, alors que le taux moyen d’enlèvements au Canada était
de 17.5%. (3) En 2007, au Canada, 341 enlèvements ont été signalés. Sur ce nombre, 56 avaient été effectués par des étrangers et 285 par les parents. (4)
En 2013, on signalait 130 enlèvements d’enfants par un des parents. Cette même année, 33 enfants avaient été enlevés par des étrangers.
On dénotait, en 2013, que le taux d’enlèvements par un des parents était plus élevé en Ontario, au Québec et au Manitoba. Au total, en 2013, sur 41,035 signalements de disparitions d’enfants et d’adolescents, 65% ont été retirés en moins de 24 heures, 87% en moins d’une semaine et 43% concernaient des enfants de 14 et 15 ans, pour la majorité en fugue.
On dénombrait alors que 61% des cas de fugue était liés aux jeunes filles. (5) En 2014, On a dénombré un total de 41,342 signalements d’enfants disparus au Canada. De ce nombre, seulement 122 étaient liés à un enlèvement parental et uniquement 29 liés à l’enlèvement par un étranger. (6) Au Québec, en 2015, de tous les enfants portés disparus, moins de 1% étaient toujours recherchés en date du 11 juillet 2017. Chez les ados, les disparitions augmentent de manière exponentielle (surtout les fugues). En 2015, au Québec, sur un nombre de 6,252 disparitions de jeunes âgés entre 14 et 17 ans, tous ont été retrouvés, sauf 3, encore recherchés en 2017. À la lumière de ces données statistiques, on constate que la problématique de la disparition d’enfants, tant au Canada qu’au Québec, est souvent l’œuvre d’un parent ou résulte d’une fugue chez un adolescent. Une sérieuse réflexion devrait s’imposer au niveau des instances gouvernementales, visant à trouver des pistes de solutions dans le but de diminuer les rapts parentaux, en révisant et/ou en
assouplissant les lois entourant le droit de garde et en s’assurant offrir plus de soutien psychologique aux parents qui s’estiment lésés. Par ailleurs, les fugues étant, malheureusement, en constante augmentation, et partant du
proverbe »Ça prend tout un village pour éduquer un enfant », le gouvernement devrait
également sensibiliser davantage la population au devoir de chacun de signaler à la DPJ tout
doute lié à ce qui leur semble un manquement au niveau de la sécurité psychologique d’un
enfant. Évidemment, il devrait s’assurer qu’un soutien psychologique soit offert rapidement
aux enfants et aux parents éprouvant des difficultés familiales, engager suffisamment
d’intervenants pour soutenir la demande sociale et leur offrir les ressources nécessaires dans leurs interventions. Le gouvernement a démontré beaucoup d’ardeur à tenter de diminuer l’intimidation chez lesjeunes ces dernières années et ses efforts a porté fruits. Il pourrait mettre autant d’ardeurmaintenant à tenter de contrer les fugues chez les jeunes et les rapts parentaux.Espérons que, rapidement, dans les années à venir, des moyens préventifs soient mis en placeet nous permettront de constater une diminution des fugues et des rapts parentaux.
Jennie Hewitt
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